Marseille

Libération de Marseille : Marseillais, Marseillaises, souvenons-nous !

Commémorer c’est se souvenir mais c’est aussi et surtout rappeler l’histoire. Le 29 août 2021, le Maire de Marseille et les autorités locales célébrent la Libération de Marseille, intervenue il y a 77 ans. Marseillaises, Marseillais, Françaises, Français, souvenons-nous !

C'est au pied de Notre-Dame de la Garde, place du colonel Edon (7e), que se déroula l’un des combats emblématiques de la Libération de Marseille. Dans la nuit du 14 au 15 août, Marseille est bombardée par les Alliés. Des opérations commandos sont menées dans la région notamment par les parachutistes de la 1st Airborne Task Force qui libèrent le premier village provençal de La Motte. Le 15 août, le débarquement des forces du général Patch de la 7e armée américaine, permet d’établir une tête de pont avec la 3e division d’infanterie US (force Alpha), la 45e division d’infanterie US (Force Delta) et la 36e division d’infanterie US (Force Camel). Les forces américaines et britanniques progressent, aidées par les FFI. Embarqués à Tarente dans les Pouilles en Italie, les hommes du 7e Régiment des Tirailleurs africains et des 3 Groupements de Tabors marocains arrivent avec l’armée B commandée par le général de Lattre-de -assigny dans la baie de Saint-Tropez le 16 août.

Ils arrivent le 21 août 1944 aux abords de Marseille. Après de vifs débats, la Résistance entre en action. Les entreprises sont au ralenti, les actions de harcèlement se multiplient. Les groupes des FTP-MOI italiens, arméniens et juifs et les FFI s’emparent de dépôts de tram, attaquent les troupes nazies, récupèrent des armes. Le 21, la préfecture est prise, et le lendemain le comité de libération sous la présidence de Francis Leenhardt est installé. Du 21 au 23, on assiste à une convergence entre FFL et FFI. Des barricades sont dressées et les Allemands se replient sur les points stratégiques. Les FFL passent outre les ordres et le général de Monsabert répond à l’appel des résistants marseillais en s’engageant avec le 7e Régiment de Tirailleurs Algériens dans la ville par le Nord et le Nord-Est, tandis que les Tabors mènent de durs combats par le Sud et l’Est.

Le 25, la bataille de Notre-Dame de la Garde commence. Deux colonnes montent à l’assaut. L’une parvient à atteindre la résidence épiscopale. Guidée par un valeureux résistant, la 1ère compagnie du 2e bataillon du 7e RTA, aborde les blockhaus disséminés autour de la Basilique de Notre-Dame de la Garde. Progressant lentement, les chars Jourdan et Jeanne d’Arc s’engagent dans la montée de l’Oratoire et débouchent sur l’esplanade située aux pieds de la colline. Les obus s’abattent et font plusieurs morts dont Ahmed Litim qui succombera de ses blessures. Le char Jeanne-d’Arc est détruit. Plus loin, les tirailleurs du sergent Messaoud Lassami nettoient un à un les blockhaus, tandis que le char Jourdan saute sur une mine. La deuxième colonne du 2e bataillon et du 3e RTA du chef de bataillon Valentin passe par un chemin méconnu. 

L’assaut final est donné avec succès. Le drapeau tricolore est déployé sur Notre-Dame de la Garde. Marseille n’est pas encore totalement libérée. Les défenses allemandes de la Coude-Foresta sont réduites par le 3e bataillon du 3e RTA commandé par le colonel de Rocquigny. Les derniers points de résistance au Racati sont pris par les unités du 7e RTA avec de lourdes pertes. Enfin, l’armée de l’air américaine pilonne le Frioul et l’armée allemande capitule finalement le 28. Marseille est libérée. Dès le 24, le représentant du gouvernement provisoire de la République française, Raymond Aubrac parvient à atteindre la préfecture sous les tirs ennemis où il est reconnu immédiatement par la Résistance. La République est restaurée et Raymond Aubrac se charge d’organiser l’Administration et les nombreux besoins d’une ville stratégique dans la libération du territoire national. La libération de Marseille par les Forces Françaises Libres et par la Résistance ainsi que le rétablissement d’une autorité civile française ne compta pas pour rien dans la place qu’occupa la France au sein des nouvelles instances internationales. Marseille joua aussi un rôle capital dans l’acheminement du matériel et constitua une tête de pont majeure et décisive pour l’armée américaine.

Aujourd’hui, les autorités se réunissent devant le char Jeanne-d'Arc. Ce char qui symbolise les sacrifices des régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance. Ces combattants souvent anonymes morts pour la France. Morts pour notre liberté aux côtés de leurs frères d’armes, aux côtés des résistantes et des résistants Marseillais à qui nous devons tant. Les soldats poursuivront par le Jura puis l’Alsace, contribuant ainsi à la Libération du pays.

Nous sommes libres parce qu’ils étaient là, épris de cette liberté si chèrement acquise. Cette dette de sang nous oblige à commémorer aujourd’hui pour rappeler que notre devoir d’histoire n’est pas terminé. Ce passé nous parle. Il parle aux Marseillaises et aux Marseillais dans leur diversité, il parle à la France.