Marseille et la mer : 2 600 ans d'histoire
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Marseille est née de la mer. Tout vient de là: les populations, les marchandises, les visages qui sont devenus, aujourd’hui, les nôtres. Mais la mer n’est pas seulement le passé de Marseille, elle est aussi son présent et surtout, son avenir.
À l'occasion de la Foire de Marseille, la Ville met en avant son lien si particulier avec la mer.
Une ville fondée par la mer
De son mythe fondateur à nos jours, l'histoire de Marseille "ville-port", est faite de rencontres, d’échanges et de multiples influences venues d’ailleurs, qui constituent aujourd’hui son identité singulière.
Des premiers marins grecs aux pêcheurs de la Corniche, des poissonniers du Vieux-Port aux jouteurs de l’Estaque, c’est la ville tout entière qui vibre au rythme de ses vagues. La mer, c’est le trait d’union entre le monde et la Provence, entre les cinq rives de la Méditerranée et cette terre de tradition dont Marseille est la grande capitale.
Le destin de la plus vieille ville de France a toujours été étroitement lié à la mer. Il y a 2 600 ans, selon la légende, le Grec Protis, navigateur phocéen, épousa Gyptis, fille du roi des Ségobriges, une population locale. Tous deux s’installèrent dans la calanque du Lacydon. De cette union naquit Massalia, devenue Massilia avec l’arrivée des Romains.

Un port mondial
Depuis sa fondation, Marseille est un port de commerce majeur, accueillant au fil des siècles, nombre de négociants en quête d’échanges. Métaux précieux, soieries, poteries, épices… Depuis l’arrivée des Grecs dans la calanque du Lacydon en 600 av. J.-C., le port n’a cessé de se développer, de se transformer et de s’étirer, pour devenir aujourd’hui l’un des plus importants au monde.
Marseille devient port mondial au 18e siècle. Aujourd’hui, le Grand port maritime de Marseille-Fos relie la ville à 160 pays. Au carrefour de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône, il assure le transport de millions de voyageurs et de marchandises et abrite le siège social de la compagnie marseillaise CMA-CGM, troisième entreprise mondiale de transport maritime en conteneurs. C'est aussi le premier pôle de réparation navale en Méditerranée, équipé de 10 bassins de réparation, dont la "Forme 10", 3e plus grande au monde. Enfin, Marseille concentre 18 câbles sous-marins en fibre optique, ce qui fait d’elle l’un des principaux points d’entrée des données numériques dans le monde.
Une source d’innovation
À Marseille, la mer est une source d'innovation dans de nombreux secteurs. À titre d'exemple, l'ingénierie sous-marine développée depuis toujours à Marseille, trouve aujourd'hui des applications dans la recherche spatiale. Par ailleurs, Marseille-Fos a été le premier port en France et en Méditerranée à proposer une connexion électrique pour les navires à quai.
Dans le domaine de l'énergie, l'eau de mer est utilisée pour chauffer des logements marseillais grâce aux techniques de la thalassothermie. Même le traditionnel Pointu marseillais innove sous la houlette du chantier naval Borg avec le premier Pointu de plaisance hybride à propulsion électrique entièrement en bois.

La peste, une épidémie entrée par bateau
Cette ouverture sur le monde a également mené à un tragique événement qui a marqué l'histoire de la cité phocéenne. En 1720, un navire marchand, le Grand-Saint-Antoine, transporte une cargaison importante en provenance du Proche-Orient. Mais il apporte également avec lui la peste. Par son activité portuaire intense, Marseille est l’une des principales portes d’entrées des épidémies sur le continent. Entre 1720 et 1722, la cité phocéenne est ainsi décimée. Entre 30 et 35 000 habitants succombent à la maladie, soit environ la moitié de la population.
Le Grand-Saint-Antoine est brûlé, et il n’en reste rien à part une ancre, que des plongeurs ont découverte à la fin des années 1970. Cette pièce a été restaurée et se trouve désormais dans le Musée d’Histoire de Marseille. Unique vestige du bateau maudit qui précipita Marseille dans une page dramatique de son histoire, cette relique fut retrouvée au fond de la calanque de l'île de Jarre (Archipel du Frioul), lieu de quarantaine des navires lors de l'épidémie de peste.
Berceau de la plongée sous-marine moderne
Les eaux marseillaises ont été explorées par les marins et pêcheurs dès l’antiquité grecque. Son ouverture sur la mer depuis plus de 2600 ans fait de Marseille un des hauts lieux de l’histoire subaquatique mondiale.
Dès 1930, les voyageurs, explorateurs et pêcheurs locaux se croisent dans l’eau des calanques. En 1934, Georges Beuchat, un des pionniers de l’aventure sous-marine, crée à Marseille une des premières sociétés de fabrication de matériel sous-marin. Cette société unique en France, toujours en activité et domiciliée à Marseille, fait partie des leaders mondiaux dans ce domaine.
Pour le grand public, le début de la grande histoire de la plongée marseillaise commence en 1952 avec les fouilles sur les épaves romaines du Grand Congloué dans l’archipel de Riou, menées par le commandant Cousteau et son navire mythique, La Calypso.
C’est à cette époque qu’Albert Falco, enfant de la calanque de Sormiou, embarque comme matelot plongeur sur ce bateau où il gravira tous les échelons jusqu'à finir capitaine. Avec son ami Claude Wesly, ils furent les deux premiers hommes à vivre pendant 7 jours dans une "maison sous marine" immergée par 10 mètres de fond dans l’archipel du Frioul. Cette première mondiale, connue sous le nom de "Pré-continent 1", leur a valu à tous deux le titre "d’Océanaute".
Marseille a été le lieu de nombreuses découvertes et avancées techniques de la plongée. En 1967, le premier téléscaphe (téléphérique sous marin) est inauguré entre l’île Maïre et le rivage de la calanque de Callelongue. En 1987, le plus grand sous-marin civil du monde est baptisé à Marseille. En 1991, le plongeur Henri Cosquer déclare la découverte de la grotte éponyme. Par 38 mètres de fond, dans la calanque de Sormiou, il met à jour un "Lascaux sous-marin" au bout d’un boyau étroit, long de 150 mètres. Les peintures découvertes sur place datent de 28 000 ans.

Un patrimoine littoral exceptionnel à protéger
Grande nacre de Méditerranée, coraux rouges, gorgones, éponges, mais aussi toutes sortes de poissons, de céphalopodes comme le poulpe, de crustacés et d'espèces protégées peuplent les eaux marseillaises. Des mammifères marins comme les dauphins ou les rorquals communs – le deuxième plus grand animal vivant de la planète – s’aventurent parfois près de nos côtes.
La Méditerranée est un haut-lieu de la biodiversité mondiale. Grottes, canyons, fonds rocheux ou banquettes de posidonie ; nos fonds marins offrent un abri idéal au développement d'une formidable diversité d'espèces et d'organismes vivants. Mais la Méditerranée est aussi particulièrement affectée par le changement climatique global. La mer se réchauffe, avec pour conséquence l'acidification de l'eau, la réduction du taux d'oxygène et l'apparition d'espèces invasives, auxquelles s'ajoutent les pollutions (industries, surfréquentation, incivisme…).
Préserver cette biodiversité est primordial. Fondé en 2012, le Parc national des Calanques est le premier parc national périurbain d’Europe à la fois terrestre et marin. Son rôle est de protéger cet espace naturel exceptionnel. L’Aire Marine Protégée Frioul-Prado abrite des écosystèmes précieux. Pour leur permettre de se développer, la Ville recrée des habitats favorables, comme les 400 récifs artificiels du Prado, entre le Frioul et la Corniche, qui servent d’abris à la biodiversité marine.
La posidonie est essentielle pour la biodiversité. Elle abrite et nourrit de nombreuses espèces. Contre la crise
climatique, elle constitue de puissants puits de carbone. Pour préserver ce poumon de la Méditerranée, le "Plan Posidonie", basé sur des études scientifiques, agit pour la restauration et la préservation des herbiers. Avec plus de 600 hectares d’herbiers, la Ville de Marseille est pionnière dans la protection de la posidonie !