La Ville de Marseille et l’AP-HM deviennent ambassadrices du don d’organes
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La Ville de Marseille signe, avec l'Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille et plusieurs acteurs de la médecine, une charte ayant pour objectif de donner de la visibilité au don d'organes, un geste qui sauve des vies.
Un geste de fraternité qui sauve des vies
Le don d'organes et de tissus est un magnifique geste de fraternité, c’est pourquoi la loi française prévoit que nous soyons tous donneurs, sauf si nous avons exprimé un refus de notre vivant. Cependant, malgré l’engagement sans faille des professionnels de santé, des associations de patients, et de l’Agence de la biomédecine, le nombre de greffes réalisées chaque année reste insuffisant.
Chaque jour, 2 à 3 personnes décèdent en France faute d’organes. C’est pourquoi il est primordial de donner une visibilité maximale à cet enjeu prioritaire de santé publique, afin que chaque Français fasse part à ses proches de son choix concernant le don de ses organes après sa mort.
Jeudi 5 février, la Ville de Marseille s'associe avec l'AP-HM, le collectif Greffes+, la Société Francophone de Transplantation, l'Agence de la biomédecine et l'Association française des coordinateurs hospitaliers pour signer la charte "Ville-AP-HM ambassadrice du don d’organes".
Sensibiliser à l'importance du don d'organes
Cet engagement commun, au-delà des institutions, a pour but de promouvoir ce geste de solidarité qu’est le don d’organes, geste qui sauve des milliers de vies chaque année. Cette promotion se fera par le développement d’une véritable culture du don en relayant des messages de santé publique sur des supports de communication aux abords des hôpitaux de l’AP-HM, et en organisant des actions de sensibilisation auprès des professionnels de ces deux institutions ainsi qu’auprès des publics scolaires.
Elle passera aussi par un travail de sensibilisation des Marseillaises et Marseillais à l’importance du don pour des personnes en attente d’une greffe pour sauver des vies, notamment par la valorisation du ruban vert qui caractérise le don d’organes, par l’organisation d’évènements lors des journées nationales et mondiales dédiées, ou par la présentation à un large public de l’application don d’organes sur téléphones portables.
Questions / réponses
- Que dit la loi ?
Les trois grands principes de la loi de bioéthique sont : le consentement présumé, la gratuité du don et l’anonymat entre le donneur et le receveur.
- le principe du consentement présumé : en France, la loi indique que nous sommes tous donneurs d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus de donner. Vous pouvez refuser le prélèvement de vos organes notamment en vous inscrivant au registre national des refus des dons d'organes. Plus d'infos
- la gratuité : le don d’organes et de tissus est un acte de générosité et de solidarité entièrement gratuit. La loi interdit toute rémunération en contrepartie de ce don.
- l'anonymat : le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande, sans pour autant connaître l’identité des receveurs.
- Le don d'organes : Pour qui ? Pourquoi ?
La greffe d’organes est un acte médical de la dernière chance. Elle est envisagée quand l’état du malade se dégrade et que seul le remplacement du ou des organes défaillants par un organe sain, appelé greffon, peut permettre son amélioration. De nombreuses maladies peuvent conduire à une greffe : insuffisance rénale terminale, malformation ou maladie cardiaque, maladie du foie, mucoviscidose…
Chaque année, en France, en moyenne 6 000 greffes d’organes sont réalisées. Du nouveau-né à la personne de plus de 70 ans, tous les âges sont concernés. La greffe d’organes est une pratique médicale complexe qui implique un nombre important de professionnels engagés pour le bénéfice de tous les patients. Cette activité reste néanmoins un traitement d’exception, et un atout thérapeutique majeur. Une personne greffée peut reprendre une vie quasiment normale. Elle peut travailler, avoir des enfants, faire du sport, voyager... Elle doit cependant suivre un traitement à vie pour éviter le rejet de l’organe greffé. En France, plus de 63 000 personnes vivent grâce à un organe greffé.
- Quels organes et tissus peuvent être prélevés ?
Le prélèvement d’un ou plusieurs organes ou tissus est envisagé après le constat du décès. Un seul donneur permet souvent de greffer plusieurs malades. Les organes sont maintenus artificiellement en état de fonctionner jusqu’à l’opération de prélèvement.
- les organes : le rein est l’organe le plus couramment greffé. Suivent le foie, le cœur, les poumons, le pancréas et des parties de l’intestin.
- les tissus : les médecins peuvent greffer la cornée (fine membrane à la surface de I’œil), la peau, les artères, les veines, les os, les valves cardiaques…
- Comment se déroule le prélèvement d'organe lors du décès ?
Le prélèvement d'organes sur une personne décédée est effectué seulement à des fins thérapeutiques ou scientifiques.
Il suit une procédure en plusieurs étapes.
► Constat du décès
Le constat du décès se fait par des médecins qui n'appartiennent pas aux équipes en charge des greffes.► Entretien avec les proches
L'annonce du décès est assurée par le médecin en charge du défunt en présence, autant que possible, de l'équipe de coordination hospitalière.Si vous n'étiez pas inscrit sur le registre national des refus, un entretien a lieu avec vos proches après l'annonce de votre décès.
Cet entretien est préparé au minimum par les personnes suivantes :
- médecin en charge du défunt
- équipe de coordination hospitalière de prélèvement d'organes et de tissus
- équipe paramédicale responsable de vous.
Cet entretien a pour objectif d'informer vos proches d'un éventuel prélèvement d'organes et de tissus sur votre personne.Lors de cet entretien, chaque participant se présente. Vos proches doivent être en capacité d'identifier chaque soignant.
Ces échanges avec vos proches permettent de recueillir l'expression éventuelle d'une opposition de votre vivant au prélèvement de tout ou partie de ses organes et tissus.
Le médecin réanimateur et la coordination hospitalière donnent des informations liées au prélèvement (nature, finalité et procédure).
Les informations sur le prélèvement sont communiquées après compréhension et acceptation de la réalité du décès par vos proches.
Vos proches peuvent voir votre corps une dernière fois avant le prélèvement.
En cas de prélèvement, l'équipe de coordination hospitalière doit notamment :
- rester à la disposition de vos proches jusqu'à la restitution de votre corps
- accompagner vos proches dans leurs démarches ultérieures
► Préparation du corps au prélèvement
À l'annonce du décès, votre corps est maintenu artificiellement en état de fonctionner. Des analyses biologiques sont réalisées pour identifier les compatibilités possibles avec des profils de personnes en attente de greffe.La coordination hospitalière des greffes se met en relation avec les services régionaux de régulation et d'appui de l'Agence de la biomédecine.
La procédure peut être interrompue à tout moment pour raisons médicales (dégradation de l'état des organes) ou sur la connaissance d'un indice du désaccord exprimé de votre vivant.
- Ai-je besoin d’une carte de donneur ?
La loi indique que nous sommes tous présumés donneurs d’organes et de tissus, et il n’est donc en aucun cas nécessaire de posséder une carte de donneur. Être porteur d’une carte de donneur ne signifie pas que vous êtes inscrits sur un registre de donneurs. La carte de donneur en elle-même n’a aucune valeur légale, seuls sont reconnus l’inscription sur le registre national des refus, ou un document papier remis à vos proches. De plus, elle n’est que très rarement retrouvée dans les papiers des défunts.
En parler à ses proches est la meilleure façon de s’assurer que sa volonté soit bien respectée, tout en les protégeant d’une question si difficile en rajoutant de la douleur à la douleur et bien souvent le regret, plus tard, de ne pas avoir dit oui.