Habiter la Corniche – du paysage contemplé au paysage vécu
Nom de l'entreprise
Martin Bombal Art et Architecture
Nom et prénom
BOMBAL Martin
Titre de la contribution
Habiter la Corniche – du paysage contemplé au paysage vécu
À quelle thématique le projet répond-il ?
Investir le littoral
Les accès à la mer
Résumé
Habiter la Corniche interroge le rapport entre la ville de Marseille et son littoral, marqué par une forte mise en scène du paysage et une faible appropriation de la mer. La Corniche, infrastructure panoramique, offre une vue spectaculaire sur la Méditerranée tout en créant une rupture physique et symbolique avec l’eau.
Le projet propose de transformer cette infrastructure de contemplation en une interface habitée, capable de rétablir un rapport direct et sensible à la mer. L’hypothèse est que la Corniche peut devenir un espace épais et habitable, à travers des dispositifs discrets d’accès — descentes, seuils, paliers — pensés comme des séquences spatiales.
En accompagnant les usages ordinaires et en révélant la topographie et le paysage existants, Habiter la Corniche propose de déplacer le rapport au littoral marseillais, en passant d’un paysage principalement contemplé à un paysage vécu, pratiqué et partagé.
Description
Le projet Habiter la Corniche s’inscrit dans le contexte du littoral marseillais, où la relation à la mer est aujourd’hui largement médiatisée par des infrastructures de circulation et de protection. La Corniche, conçue comme une route panoramique, met en scène la Méditerranée tout en maintenant une séparation nette entre la ville, la roche et l’eau. Cette situation produit un paysage fortement visible mais faiblement habité, où la mer est davantage contemplée que pratiquée.
Le projet part de l’observation des usages existants le long de la Corniche. Malgré les contraintes physiques et spatiales, le littoral est déjà investi : des habitants descendent vers l’eau, s’installent sur la roche, attendent, observent, se baignent ou pêchent. Ces pratiques, bien que quotidiennes, restent marginales et peu accompagnées par l’architecture. Elles se développent dans les interstices de l’infrastructure, révélant un potentiel spatial important.
L’intention du projet est de rendre ces usages lisibles et accessibles, sans les figer ni les normaliser. L’architecture ne cherche pas à créer un nouvel équipement ou un objet autonome, mais à intervenir dans l’épaisseur de la Corniche par une série de dispositifs discrets. Ces interventions prennent la forme d’une structure légère et ouverte, qui accompagne la pente naturelle du site et organise une descente progressive vers la mer.
Cette structure fonctionne comme un support de parcours et d’usages. Elle permet de ralentir le mouvement, de marquer des seuils, de créer des paliers et des espaces de pause. Chaque séquence propose une relation différente au paysage : regarder l’horizon, s’approcher de l’eau, s’asseoir face à la mer, attendre ou se retrouver. L’accès à la mer devient ainsi une expérience spatiale à part entière, engageant le corps et les sens.
La matérialité du projet est volontairement simple et lisible. La structure laisse passer la lumière, le vent et les sons, et entretient un dialogue direct avec la roche et l’eau. Elle ne cherche pas à rivaliser avec le paysage, mais à en révéler l’épaisseur et la diversité. L’architecture agit comme un filtre et un médiateur, capable de transformer une infrastructure linéaire en une interface habitée.
En transformant la Corniche de ligne de rupture en espace de relation, le projet propose un nouveau rapport au littoral marseillais. Habiter la Corniche ne vise pas à produire une image spectaculaire, mais à rendre possible une multiplicité d’expériences quotidiennes. Il affirme une architecture attentive aux usages ordinaires, aux situations existantes et aux phénomènes sensibles, où le paysage cesse d’être un décor pour devenir un milieu vécu et partagé.
Présentation en PDF
Crédit des visuels
MBAA



