L'écotone comme réponse écologique à la fracture urbaine à Marseille
Nom et prénom
Denis Chloé
Étudiante en Architecture à l'ENSA Paris-Val de Seine
Titre de la contribution
L'écotone comme réponse écologique à la fracture urbaine à Marseille
À quelle thématique le projet répond-il ?
Refabriquer la ville
Recoudre les quartiers
Résumé
À Marseille, les inégalités socio-spatiales se sont constituées au fil du temps, rendant aujourd’hui la fracture urbaine particulièrement lisible. À l’interface entre le nouveau quartier d’Euro-Méditerranée et les quartiers nord, l’avenue du Cap Pinède constitue une limite marquée entre deux quartiers fragmentés. Le projet urbain proposé vise à transformer cet espace de rupture en un quartier de réconciliation urbaine et sociale, afin de lutter contre les inégalités socio-spatiales. Adoptant une approche biomimétique, le projet s’inspire du vivant, et plus particulièrement de l’écotone, une zone de transition riche et nécessaire entre deux écosystèmes. À partir d’une analyse approfondie de l’écotone, ses propriétés ont été extraites puis transposées au projet urbain, notamment dans la conception de la morphologie urbaine, la répartition des programmes et les tracés urbains. Cette démarche permet de générer une couture urbaine favorisant la mixité sociale.
Description
Le projet urbain que je propose s’inscrit sur un site marqué par une fracture urbaine entre un quartier favorisé (Euro-Méditerranée) et un quartier défavorisé (les quartiers nord). À l’interface entre le périmètre d’Euro-Méditerranée et les quartiers nord, l’avenue du Cap Pinède matérialise une limite forte, où les tissus urbains, les usages et les dynamiques sociales coexistent sans véritable interaction. Le projet prend appui sur cet espace de rupture pour en faire un territoire de transition, capable de favoriser une réconciliation urbaine et sociale. L’objectif est de transformer la fracture en un espace inclusif, soutenant la mixité sociale, le rééquilibrage des usages et la cohésion territoriale.
La démarche de projet adopte une approche biomimétique, inspirée du fonctionnement du vivant, et plus particulièrement du principe de l’écotone. Dans la nature, un écotone se forme entre deux milieux distincts, comme une forêt et une prairie, lorsqu’un espace intermédiaire permet l’émergence d’un milieu de transition. Ce processus s’opère par étapes successives. Dans un premier temps, chaque écosystème s’implante progressivement sur l’espace disponible. Vient ensuite une phase d’adaptation et de régulation, durant laquelle les milieux cohabitent et ajustent leurs interactions. Enfin, une phase de stabilisation dynamique s’installe, caractérisée par une forte richesse biologique, où les espèces issues des deux milieux coexistent, circulent et donnent naissance à de nouvelles formes de vie propres à la zone de transition.
À partir de cette analyse approfondie du vivant, les mécanismes de l’écotone ont été abstraits sous forme d’agents et de données répartis selon une logique écosystémique. Cette abstraction constitue la base du processus de conception du projet urbain. Elle permet de transposer les principes du vivant à l’espace urbain, en dépassant une organisation par zonage pour privilégier des gradients et des transitions progressives.
Le projet urbain s’appuie ainsi sur quatre données majeures : la répartition des programmes, les tracés urbains, les hauteurs bâties et la relation entre pleins et vides, constituant la morphologie urbaine. Ces paramètres sont organisés selon une logique inspirée des quatre grandes phases de formation de l’écotone : la répartition des données, leur implantation sur le site, leur adaptation et leur régulation, puis leur stabilisation dynamique. Cette méthode permet de générer une épaisseur urbaine évolutive, où les seuils remplacent les limites et où les usages se superposent.
En mobilisant l’écotone comme outil de projet, cette approche biomimétique propose une autre manière de produire la ville, en transformant l’espace de la fracture en un milieu commun, capable de relier des quartiers fragmentés tout en respectant leurs spécificités, et en faisant de la transition un levier de réconciliation socio-urbaine.
Présentation en PDF
Crédit des visuels
Chloé Denis




