L'eau en partage : le cours Pierre Puget en 2053, infrastructure résiliente et nourricière
Nom de l'entreprise
A40 ARCHITECTURE URBANISME PAYSAGE
Nom et prénom
MARIEN GWEN
Titre de la contribution
L'eau en partage : le cours Pierre Puget en 2053, infrastructure résiliente et nourricière
À quelle thématique le projet répond-il ?
Réussir la transition climatique
L’eau en ville
Résumé
En 2053, le Cours Pierre Puget est devenu une évidence. Chaque jour, on y marche à l’ombre, porté par la fraîcheur de l’eau qui descend lentement depuis la colline. Jadis rue dominée par la voiture, il est aujourd’hui une traversée piétonne, nourricière et protectrice. La pluie n’y est plus une menace : elle est captée, ralentie, filtrée, stockée, puis partagée. Les noues paysagères nettoient l’eau et alimentent des cultures de proximité, gérées collectivement par les habitants. En contrebas, la place-impluvium accueille les eaux intenses sans urgence et rafraîchit les bâtiments alentour. En reliant la colline, la ville et le port, le Cours Puget incarne une résilience discrète, quotidienne, profondément marseillaise : partager l’eau, c’est partager la ville.
Description
Chaque matin, je descends le Cours Pierre Puget à pied.
L’eau est déjà là. Elle glisse depuis la colline, s’attarde dans les bassins en gradins, disparaît sous les plantations, puis réapparaît plus bas, apaisée. Depuis la grande pluie de 2025, plus personne ne parle ici de ruissellement ou d’inondation. L’eau fait désormais partie du paysage, au même titre que l’ombre des arbres ou la pierre claire des façades.
Le Cours n’est plus une rue. C’est une traversée fraîche et habitée, où l’on ralentit presque malgré soi. Sous la canopée, les sols respirent, la chaleur recule. On marche à l’abri de la chaleur. Même en plein été, le passage du minéral au végétal se ressent immédiatement dans la température. Les enfants jouent près des noues, les anciens s’installent à l’ombre, les passants s’arrêtent, ralentissent, observent, discutent…
Les noues paysagères longent la promenade. Elles collectent l’eau de pluie, la filtrent par les sols et les plantes, la rendent à la terre. Autour d’elles, des parcelles cultivées dessinent une autre manière de vivre la ville : aromatiques, légumes, fruitiers bas. Ici, chacun sait que rien n’appartient vraiment à quelqu’un.
Le Cours est un commun urbain, laïc, partagé et entretenu collectivement.
Les écoles viennent jardiner, les habitants s’organisent, les récoltes circulent. L’intensification des pluies est devenue une ressource pour l’autonomie alimentaire locale.
Lorsque les pluies se font plus intenses, comme cela arrive souvent désormais, le Cours change de rythme. L’eau descend plus vite, s’accumule dans les bassins, puis s’étend sur la grande place en contrebas. La place-impluvium se métamorphose et l’accueille sans urgence, ni dégâts. Plus tard, l’eau est confiée à la citerne souterraine, qui rafraîchit les bâtiments alentour. Même la pluie travaille pour la ville.
En bas, près du Palais de Justice, le regard s’ouvre discrètement vers le port. On comprend alors le sens du Cours : relier la colline, la ville et la mer. Retenir l’eau en amont pour protéger le Vieux-Port, comme les Grecs, venus de Phocée en 600 avant J.C., fondateurs de Massalia l’avaient intuitivement compris. Révéler les pierres anciennes, les alignements, l’héritage de Pierre Puget, sans les figer.
Le Cours Puget n’est pas un projet spectaculaire.
C’est un paysage qui fonctionne. Un lieu que l’on habite sans y penser, mais qui nous protège, nous nourrit et nous rafraîchit.
À Marseille, en 2053, c’est devenu une évidence : partager l’eau, c’est partager la ville.
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