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Libération de Marseille : Marseillais, Marseillaises, souvenons-nous !

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Libération de Marseille : Marseillais, Marseillaises, souvenons-nous !

Dernière mise à jour :

Commémorer c’est se souvenir mais c’est aussi et surtout rappeler l’histoire. Le 28 août 1944, Marseille était libérée ! Marseillaises, Marseillais, Françaises, Français, souvenons-nous !

 

 

Cérémonie de recueillement
devant le char Jeanne d'Arc
place du Colonel Eddon, 7e
dimanche 30 août 2026 à partir de 9h

 

 

 

Marseille bombardée

C'est au pied de Notre-Dame-de-la-Garde, place du colonel Edon (7e), que se déroula l’un des combats emblématiques de la Libération de Marseille. Dans la nuit du 14 au 15 août, Marseille est bombardée par les Alliés. Des opérations commandos sont menées dans la région notamment par les parachutistes de la 1st Airborne Task Force qui libèrent le premier village provençal de La Motte. Le 15 août, le débarquement des forces du général Patch de la 7e armée américaine, permet d’établir une tête de pont avec la 3e division d’infanterie US (Force Alpha), la 45e division d’infanterie US (Force Delta) et la 36e division d’infanterie US (Force Camel). Les forces américaines et britanniques progressent, aidées par les FFI. Embarqués à Tarente dans les Pouilles en Italie, les hommes du 7e Régiment des Tirailleurs africains et des 3 Groupements de Tabors marocains arrivent avec l’armée B commandée par le général de Lattre-de -Tassigny dans la baie de Saint-Tropez le 16 août.

Ils arrivent le 21 août 1944 aux abords de Marseille. Après de vifs débats, la Résistance entre en action. Les entreprises sont au ralenti, les actions de harcèlement se multiplient. Les groupes des FTP-MOI italiens, arméniens et juifs et les FFI s’emparent de dépôts de trams, attaquent les troupes nazies, récupèrent des armes. Le 21, la préfecture est prise, et le lendemain le comité de libération sous la présidence de Francis Leenhardt est installé. Du 21 au 23, on assiste à une convergence entre FFL et FFI. Des barricades sont dressées et les Allemands se replient sur les points stratégiques. Les FFL passent outre les ordres et le général de Monsabert répond à l’appel des résistants marseillais en s’engageant avec le 7e Régiment de Tirailleurs Algériens dans la ville par le Nord et le Nord-Est, tandis que les Tabors mènent de durs combats par le Sud et l’Est.

 

 

La Bataille de Notre-Dame-de-la-Garde et la Libération de Marseille

Le 25, la bataille de Notre-Dame de la Garde commence. Deux colonnes montent à l’assaut. L’une parvient à atteindre la résidence épiscopale. Guidée par un valeureux résistant, la 1e compagnie du 2e bataillon du 7e RTA, aborde les blockhaus disséminés autour de la Basilique de Notre-Dame-de-la-Garde. Progressant lentement, les chars Jourdan et Jeanne d’Arc s’engagent dans la montée de l’Oratoire et débouchent sur l’esplanade située aux pieds de la colline. Les obus s’abattent et font plusieurs morts, dont Ahmed Litim qui succombera à ses blessures. Le char Jeanne-d’Arc est détruit. Plus loin, les tirailleurs du sergent Messaoud Lassami nettoient un à un les blockhaus, tandis que le char Jourdan saute sur une mine. La deuxième colonne du 2e bataillon et du 3e RTA du chef de bataillon Valentin passe par un chemin méconnu. 

L’assaut final est donné avec succès. Le drapeau tricolore est déployé sur Notre-Dame de la Garde. Marseille n’est pas encore totalement libérée. Les défenses allemandes de la Coude-Foresta sont réduites par le 3e bataillon du 3e RTA commandé par le colonel de Rocquigny. Les derniers points de résistance au Racati sont pris par les unités du 7e RTA avec de lourdes pertes. Enfin, l’armée de l’air américaine pilonne le Frioul et l’armée allemande capitule finalement le 28. Marseille est libérée. Dès le 24, le représentant du gouvernement provisoire de la République française, Raymond Aubrac parvient à atteindre la préfecture sous les tirs ennemis où il est reconnu immédiatement par la Résistance. La République est restaurée et Raymond Aubrac se charge d’organiser l’Administration et les nombreux besoins d’une ville stratégique dans la libération du territoire national. La Libération de Marseille par les Forces Françaises Libres et par la Résistance ainsi que le rétablissement d’une autorité civile française ne comptèrent pas pour rien dans la place qu’occupa la France au sein des nouvelles instances internationales. Marseille joua aussi un rôle capital dans l’acheminement du matériel et constitua une tête de pont majeure et décisive pour l’armée américaine.

 

 

Hommage aux combattants

Aujourd’hui, les autorités se réunissent devant le char Jeanne-d'Arc. Ce char qui symbolise les sacrifices des régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance. Ces combattants souvent anonymes morts pour la France. Morts pour notre liberté aux côtés de leurs frères d’armes, aux côtés des résistantes et des résistants marseillais à qui nous devons tant. Les soldats poursuivront par le Jura puis l’Alsace, contribuant ainsi à la libération du pays.

Nous sommes libres parce qu’ils étaient là, épris de cette liberté si chèrement acquise. Cette dette de sang nous oblige à commémorer aujourd’hui ces valeureux tombés pour Marseille.  Ce devoir de mémoire s'impose à nous plus que jamais. Ce passé nous parle. Il parle aux Marseillaises et aux Marseillais dans leur diversité, il parle à la France.

 

 

Le saviez-vous ? 

Voici quelques anecdotes historiques pour plonger dans l'époque de la Libération de Marseille. 

La "Can of Beer" 

Pendant la présence américaine après la Libération (1944-1946), les GI’s ont américanisé Marseille à leur manière. Ils ont tout simplement rebaptisé la célèbre avenue de la Canebière en "Can of Beer" (canette de bière) !

Le sacrifice héroïque du char "Jeanne d’Arc"

Le 25 août 1944, lors de l'assaut pour libérer Notre-Dame de la Garde, le char Sherman "Jeanne d’Arc" (du 2e régiment de cuirassiers) mène la charge. Alors qu'il arrive près du jardin de l'évêché, il est touché de plein fouet par un projectile antichar allemand. En flammes, le char dévale la colline avant d'exploser. Trois de ses membres d'équipage (André Keck, Roger Guillot et Désiré Clément) y laissent la vie, devenant des figures mythiques de cette journée.

Un drapeau blanc découpé dans un drap de lit 

Le 23 août 1944, le capitaine Jean Crosia, officier de renseignement français, doit s'avancer en tant que parlementaire pour obtenir la reddition de plusieurs batteries allemandes, notamment sur la colline Périer. Problème : où trouver un drapeau blanc en pleine bataille ? C'est une famille alsacienne de Marseille, les Reinert, qui le sauve. Mme Reinert déchire l'un de ses draps de lit en deux et son mari le cloue rapidement sur un bâton. Muni de ce drapeau improvisé, Crosia réussit à négocier la reddition.

Une capitulation signée... sur le capot d'une Jeep !

Le 28 août 1944 marque la fin officielle des combats à Marseille. Après d'intenses affrontements et l'encerclement de ses derniers points d'appui par les tirailleurs algériens et les goumiers marocains, le général allemand Hans Schaefer accepte de se rendre au général de Monsabert. Symbole absolu de cette victoire militaire improvisée et rapide, l'acte de capitulation officielle est signé à la hâte sur le capot d'une jeep, garée tout près du Vieux-Port.

La clameur monumentale de Marseille pour le drapeau tricolore 

Le vendredi 25 août 1944, au cœur de la terrible bataille pour la colline de la Garde, les troupes du 7e régiment de tirailleurs algériens et des unités blindées parviennent enfin à sécuriser la plateforme. C'est alors que l'aspirant Ripoll grimpe courageusement au sommet du clocher de la basilique pour y hisser un grand drapeau tricolore. En voyant les couleurs de la France flotter à nouveau sur la Bonne Mère, une immense clameur de joie s'élève simultanément de tous les quartiers de la ville en contrebas.

Le camp géant de Calas : 2 millions de GI's en transit

La Provence a accueilli l'un des plus grands camps de transit de l'armée américaine à la Libération. Installée à Calas (près de l'actuelle gare TGV), cette gigantesque "staging area" comptait 1 300 préfabriqués et 5 500 tentes. Ce camp accueillait quotidiennement 100 000 soldats de retour d'Allemagne ou en partance pour le Pacifique. Au total, plus de deux millions de GI y ont transité entre l'automne 1944 et le début de l'année 1946, profitant de leurs permissions pour amener un parfum d'Amérique dans les rues de Marseille.

 

 

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Crédit : Archives municipales de Marseille