"L’Appel de la Nuit" : un projet pour préserver la biodiversité nocturne
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La Ville de Marseille lance son "Appel de la Nuit" pour déployer son premier "Atlas de la Biodiversité Communale" dit ABC nocturne, un outil d'inventaire et de cartographie qui recense la faune et la flore actives la nuit afin de mieux protéger l'environnement nocturne.
"L’Appel de la Nuit", un projet fédérateur et populaire
Lancé officiellement à l’occasion du Jour de la Nuit 2026, du vendredi 9 au samedi 10 octobre, l’ABC nocturne invite les Marseillaises et aux Marseillais à se connecter au monde de la nuit avec des observations du ciel étoilé, des sorties nature à l’écoute des chauves-souris et des rapaces et des actions de sciences participatives, comme le comptage et la reconnaissance des papillons de nuit.
Ce projet inédit, soutenu par l’Office Français de la Biodiversité, va notamment permettre de :
- révéler l’invisible en inventoriant la faune nocturne de Marseille comme les rapaces, chauves souris, insectes et mammifères...
- objectiver la pollution lumineuse en cartographiant la trame sombre par des mesures de luminance,
- expérimenter sur des sites pilotes des solutions d’éclairage (exemples : passage en LED ambrés, abaissement de la hauteur et de l’orientation des mâts, extinction en cœur de nuit, création de corridors de trame noire inscrits au PLUI…).
Pour mener ce projet pendant trois années, la Ville s’est entourée de quatre partenaires techniques :
- le Cerema,
- le Conservatoire d’Espaces Naturels (CEN) PACA,
- la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et
- le Groupe Chiroptères de Provence.
Au terme du projet, l’ABC nocturne débouchera sur un plan d’actions permettant à la Ville de de réduire la pollution lumineuse tout en réalisant des économies.
L’alternance jour/nuit essentielle depuis la nuit des temps
Le monde du vivant, dont l’être humain fait partie, dénombre près de 6 000 espèces d’animaux, de végétaux et de champignons sauvages à Marseille (Et on n'a pas fini de compter !).
Pour bon nombre de ces espèces, l’alternance du jour et de la nuit est primordiale pour assurer leur cycle de vie.
Les espèces diurnes, dont nous faisons partie, consacrent la nuit à se reposer. Les espèces nocturnes s’activent la nuit et se reposent la journée. A l’échelle mondiale, elles représentent 30 % des vertébrés et 60 % des invertébrés. Cette stratégie leur permet notamment d’être moins visible par les prédateurs. Elle nécessite cependant des adaptations à l’obscurité pour pouvoir se déplacer, se nourrir et se reproduire. Mais, que l’on soit diurne ou nocturne, nous tirons tous des avantages de l’obscurité.
L’éclairage artificiel : une pollution, de nombreux impacts
Installé pour la première fois en France en 1667, l’éclairage public nous a permis de prolonger nos activités.
En se développant à outrance, cet éclairage artificiel, s’est mis à produire des points lumineux parfois éblouissants. Lorsque ces point sont très nombreux, ils peuvent former un halo lumineux que l’on observe au-dessus des villes et supprimer l’obscurité : on parle alors de pollution lumineuse.
Les nombreux impacts :
- sur les plantes
La pollution lumineuse peut entraîner un bourgeonnement précoce, une croissance continue ou une perte tardive de feuilles, ce qui a des conséquences sur certains processus écologiques comme la pollinisation.
- sur la santé humaine
Elle empêche la production de mélatonine, une hormone essentielle à l’endormissement. Par effet cascade, le manque de sommeil peut générer de la fatigue, du stress, ou encore une diminution des défenses immunitaires.
- Sur la visibilité du ciel étoilé
Aujourd’hui, on estime qu’environ 1/3 de la population mondiale est en incapacité d’observer la voie lactée.
- sur la consommation d’énergie
La consommation en électricité de l’éclairage public représente en moyenne, pour une commune, 37 % de sa facture en électricité.
La pollution lumineuse a donc des effets négatifs sur la biodiversité qui nous entoure, ainsi que sur notre propre santé. Elle est un enjeu tout à la fois écologique, sanitaire et climatique dans le cadre de la mission "Une seule santé Marseille".
Mieux éclairer pour mieux protéger
L’un des objectifs de "l’Appel de la Nuit" est de déterminer les zones à éclairer, celles à éteindre et celles où l’éclairage doit être adapté pour tenir compte des enjeux écologiques. La Ville va mener un travail de concertation avec les usagers des zones concernées en s’appuyant sur un panel se solutions visant à adapter l’éclairage.
Trois secteurs seront soumis à expérimentation :
- les îles du Frioul, dans le cadre de la démarche d’île durable
- le cours d’eau du Jarret autour de la Ravelle
- la Friche urbaine naturelle de la Denise
Après un diagnostic de l’existant, des mesures seront mises en place telles que l’adaptation de l'intensité lumineuse, une extinction partielle à certaines heures ou la mise en place de technologies moins perturbantes pour la faune.