Mairie Mairie

Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation

Le dernier dimanche d'avril est, chaque année, dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d'extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale. Cette année, cette cérémonie s'est déroulée dimanche 25 avril. 

 

"Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l’oubli".
Élie Wiesel, écrivain et philosophe, déporté à 15 ans à Auschwitz

 

Une journée pour se souvenir

"76 ans après le retour des derniers déportés libérés, le souvenir de la déportation demeure dans notre mémoire collective et ne doit pas s'effacer. 
Ce que furent les camps d'extermination et de concentration nazis et l'horreur vécue par les millions d'êtres humains qui en furent victimes, n'est pas une simple page documentaire de l'histoire du XXe siècle. L'humanité y a été atteinte dans ce qu'elle a de plus sacré. Des êtres humains étaient catégorisés en surhommes et sous-hommes, leurs vies jugées «dignes ou indignes d'être vécues» sur décision d'un État qui avait érigé en programme politique sa conception raciste et eugéniste du monde et l'a portée à son paroxysme dans l'univers concentrationnaire. Des hommes, des femmes et des enfants ont été envoyés dans des centres d'extermination ou dans des camps de mort lente, par un système qui niait leur appartenance à l'espèce humaine et s'employait à leur faire perdre conscience de leur propre humanité."

Message rédigé par des associations mémorielles de déportés (FNDIRP, FMD, UNADIF-FNDIR) pour la journée du 25 avril 2021.


Dès le début des années 1950, les anciens déportés et les familles de disparus expriment le souhait de voir inscrite dans le calendrier une date réservée au souvenir de la déportation.
La loi du 14 avril 1954 fait du dernier dimanche d’avril une journée de célébration nationale. Cette date a été retenue en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la découverte puis libération de la plupart des camps de concentration et centres de mise à mort. 
 

La déportation : un outil au service de modes de répression et de persécution au cœur de l’idéologie nazie

Les évènements qui se sont déroulés à Marseille illustrent, de manière tragique, l’ampleur et la convergence de ces politiques : répression des suspects qui entraîne la déportation vers les camps de concentration et persécution des Juifs qui vise à leur assassinat systématique dans les centres de mise à mort. 

Dernier poumon ouvert sur le monde, la ville reçoit, dès 1940, des milliers de réfugiés fuyant l’Europe. Le refuge se transforme en piège à l’été 1942, après l’accord de Vichy avec les nazis, menant à la livraison depuis le Camp des Milles de plus de 2 000 juifs hommes, femmes et enfants. 

En janvier 1943 dans le cadre de la collaboration d’État, Marseille vit l’une des principales rafles de l’Occupation, ayant abouti à la déportation de centaines de Marseillais juifs du centre-ville et habitants des vieux quartiers du Port. La destruction des vieux quartiers est présentée comme une opportunité de nettoyer des zones considérées comme malfamées et insalubres.

Après janvier 1943 et jusqu’à la Libération vient le temps des arrestations individuelles ou groupées dans des lieux ciblés ou sur dénonciation, de la traque et de la déportation systématique des résistants et des Juifs, notamment ceux issus de la région de Nice nouvellement occupée par les Allemands. Au total, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées puis déportées 

 

Rapatriement des déportés, "le retour des absents" : le rôle particulier de Marseille en 1945 

La conquête progressive de l'Allemagne et des territoires d'Europe orientale qu'elle avait annexés par les armées alliées permet la libération des millions de personnes qui s'y trouvaient assujetties, soit comme main d'œuvre (STO), soit comme prisonniers de guerre ou déportés. Dès la libération des camps, les déportés qui sont en état de voyager reviennent en France. 

Marseille est le principal centre de réception de ceux qui ont bénéficié de l'avance de l'Armée rouge à l'Est. Pour la plupart regroupés à Odessa (Russie), leur rapatriement vers la cité phocéenne est organisé par voie maritime. Un centre d’accueil marseillais est ainsi créé au nord de la ville au 309 Chemin de la Madrague.

À partir du 23 mars et jusqu’à la fin de l’été 1945, plusieurs convois se succèdent et accostent à Marseille, au Cap Janet. Les navires sont accueillis par une foule, souvent nombreuse, mais également de familles et amis venus retrouver un proche. Le 15 octobre 1945, on décompte un total de 49 230 personnes rapatriées par voie maritime à Marseille.

D’autres prisonniers et déportés sont, quant à eux, rapatriés par les airs, ou arrivent en train à la gare Saint-Charles, avant d’être enregistrés au centre de la Madrague.

La presse régionale se fait l’écho de ces rapatriements et diffuse, chaque jour, la liste des personnes rapatriées originaires de la région dans une rubrique intitulée "Le retour des absents". Avec le retour de ces "absents", les enquêteurs, dans un premier temps, puis le grand public, découvrent, au travers des témoignages et articles de presse, la réalité et l’horreur de la déportation d’extermination et du système concentrationnaire nazis. Cependant, les rescapés du génocide étant mêlés avec les prisonniers et requis du STO, numériquement plus importants, et, bien que les centres de mise à mort soient rapidement mentionnés, la Shoah, dans toute sa dimension, reste dans un premier temps occultée.

Au moment où les derniers témoins disparaissent, le Mémorial des déportations de la Ville de Marseille, rouvert depuis le 20 décembre 2019, s’attache à transmettre l’histoire et la mémoire de ces hommes, femmes et enfants arrêtés à Marseille puis déportés.

 

Galerie photos

 

Légende :
- Photo 1 : Tenue de Claudine Fourel déportée à Ravenbrück - Musée d'histoire de Marseille
- Photo 2 et vignette : Arrivée à Marseille des déportés en provenance du port d’Odessa
- Photo 3  : Mémorial des déportations - Crédit photo :  Richard Belleudy
- Photo 4 et panoramique : Mémorial des déportations - Crédit photo :  Richard Belleudy
- Photo 5 : Mémorial des déportations - Crédit photo :  Richard Belleudy