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Archives de Marseille : une promenade virtuelle au coeur des bastides

Après le succès de l'exposition "À l'ombre des bastides" en 2019, les Archives municipales de Marseille vous proposent, en ces temps de confinement, une promenade virtuelle dans le terroir marseillais, ses bastides et leurs domaines.

Découvrez cette exposition virtuelle sur :  https://archivesexpos.marseille.fr !


L'exposition "À l'ombre des bastides"

La visite se décline en quatre parties :

  • Les bastides
    Inscrites dans la mémoire et le paysage marseillais, les bastides ont contribué au rayonnement de la ville. À la fois domaine agricole et lieu de villégiature, elles ont modelé la structuration et l’occupation du terroir marseillais et marqué les esprits par l’art de vivre qui s’y est développé.
    De "l’âge d’or" du XVIIe et XVIIIe siècle, où le "phénomène bastidaire" atteint sa plénitude et son apogée, à nos jours, les bastides et leurs domaines connaissent une évolution de forme : de la traditionnelle bâtisse aux belles et simples proportions, à la façade à cinq ou sept travées, à la modénature (traitement ornemental de certains éléments structurels d'un édifice pour en exprimer la plastique) simple et au toit à quatre pentes, aux châteaux, "folies", villas et autres formes dévoyées de la bastide au XIXe siècle. Dans l’usage aussi : de domaine de rapport et de villégiature à simple résidence ou reconverties dans d’autres usages.
    "Une seconde Marseille dans le terroir, et tout un peuple d’une nouvelle ville hors de Marseille."
    (François Marchetti, 1664)

  • L'art de vivre à la bastide
    La bastide offre à ses propriétaires, modeste négociant, bourgeois ou noble de grand lignage, une variété de loisirs et plaisirs : promenade, jeux de boules ou de croquet, baignade et partie de chasse. Mondanités aussi, avec l’organisation discrète de jeux d’argent alors interdits, et, pour les propriétaires les plus cultivés, des représentations théâtrales ou musicales, des visites de collections artistiques, et, pour les grands propriétaires qui se vivent comme des seigneurs locaux, accueil dans leur parc de fêtes patronales ou villageoises.
    La vie à la bastide, c’est aussi celle des fermiers, qui l’occupent à l’année et veillent à son rendement, menant une vie de labeur contrastant avec l’image traditionnelle, joyeuse et bucolique, de la bastide. C’est enfin le lieu du refuge contre les touffeurs de la ville et ses miasmes délétères, en particulier ceux de la peste.
    "Les bastides sont la passion dominante des Marseillais ."
    (Stendhal, 1837)

     
  • Le domaine bastidaire ou la nature organisée
    Dans un paysage méditerranéen depuis longtemps façonné par l’homme, et malgré l’aridité des collines marseillaises, la bastide et son domaine sont l’exemple le plus achevé de la tentative de créer un paysage idéal, jouant des contrastes entre ombre et lumière, aridité des paysages naturels et luxuriance des jardins irrigués. Dans son domaine clôt par de longues murailles en pierre sèche, la bastide associe des fonctions de production (agricole) et de loisirs (promenade, chasse) à travers plusieurs espaces : espaces cultivés (vigne, olivier et blé), parc ou jardin de plaisance avec terrasse, parterre, allées et bosquets, verger et potager, parfois fontaines et bassins, salle de verdure et surtout la traditionnelle tèse (allée plantée d’arbres, en berceau, qui se termine parfois en hémicycle avec un bassin, en travers de laquelle des filets sont tendus pour attraper les petits oiseaux, attirés par la fraîcheur et les baies des arbres), sans compter enfin la pinède et les terres incultes.
    "Ma première sensation d’existence eut lieu dans une des maisons de campagne qui embellissent les environs de Marseille et que l’on y nomme Bastides. C’est là, parmi les fleurs et les fruits que je commençai à jouir de la vie, et je suis devenu botaniste."
    (Constantin Rafinesque, 1840)

     
  • Que sont nos bastides devenues ?
    Soumises à une pression foncière grandissante au XIXe siècle et surtout au XXe siècle, les bastides et leurs domaines disparaissent peu à peu, ne laissant de souvenirs que dans la toponymie, à travers quelques rares vestiges (portail monumental, arbres remarquables) ou dans la physionomie du réseau viaire, calqué sur les limites de propriété. Les grands travaux d’aménagement autoroutier des années 1950-1980 (autoroute nord et est, L2) achèvent de détruire celles qui avaient par ailleurs survécu aux réquisitions et dommages des deux guerres.
    Seules subsistent, souvent amputées de leurs domaines, les bastides qui ont été reconverties en établissements d’enseignement publics ou privés, hôpitaux, équipements publics de type mairie, centre social ou culturel, musée, auberge de jeunesse, maisons de retraite, établissements religieux ou parcs publics.
    "Je considérais avec un affreux serrement de coeur toutes ces belles propriétés naguère si riches qui, depuis tant d’années, avaient été l’honneur et le charme de notre paradisiaque banlieue marseillaise, aujourd’hui dévastées de fond en comble, pourfendues, salies, mutilées… » (Victor Gelu, 1857)

    Photo : Edouard Cornet, Sur la terrasse de la campagne Les Etoiles. Archives municipales