Depuis la création de Marseille, il y à 2 600 ans, l'eau tient une place primordiale dans la vie de la cité et de ses habitants. De l'antiquité jusqu'à nos jours, l'eau a toujours été au coeur de l'aménagement et du développement de la ville. Au cours de son histoire tumultueuse avec l'eau, Marseille a su faire d'une contrainte, un de ses atouts majeurs.
Dès leur arrivée, les Grecs ont aménagé des ouvrages hydroliques pour faire vivre la cité naissante. Les caves de Saint-Sauveur, situées sous l'actuelle place de Lenche et des Moulins, en sont le témoignage le plus remarquable et sont classées monument historique depuis 1840. Cet ensemble de réservoirs, d'une contenance de 5 000 m3 d'eau potable, fût creusé par les Grecs pour répondre aux besoins de la population.
À cette époque faste, des canalisations et aqueducs sont aménagés pour amener l'eau des sources de l'est dans la cité. La construction d'un bassin quadrangulaire est entamée pour recueillir les eaux de pluie. Le grand bassin d'eau douce, encore visible aujourd'hui dans le Jardin des vestiges, près du Centre Bourse, est un des ouvrage majeurs de l'époque héllénistique. Ce grand bassin de 260 m2 servait probablement de réserve d'eau douce pour approvisionner les bateaux ancrés dans le port, situé à quelques pas.
© Site archéologique du port antique
L'époque mérovingienne anéantit une grande partie des constructions entreprises par les Grecs. La corne du port devient un dépotoir public et les bassins d'eau douce sont comblés à la fin du Ve siècle. Tous les efforts des Romains et des Grecs disparaissent faute d'entretien : les canalisations s'envasent, les aqueducs sont abandonnés... Les Marseillais s'approvisionnent difficilement à l'eau des puits et des citernes publiques et privées, alimentés par les sources du Grand puits, de la Frache et les nappes phréatiques. Jusqu'au Xe siècle, Marseille sombre et connait parmi les années les plus noires de son histoire.
Au XIIIe siècle, les Marseillais cherchent un supplément d'eau potable pour la ville et commencent la construction d'un canal souterrain à proximité du Camas actuel. L'aqueduc aérien, à quatre mètres du sol, traverse les quartiers Madeleine et Longchamp sur 170 mètres, avant de redevenir souterrain jusqu'à la fontaine Saint-Laurent. Des vestiges de l'aqueduc sont encore visibles à proximité de la place Jules Guesde.
Au milieu du siècle, la commune de Marseille entreprend la construction du canal des jardiniers, pour alimenter les potagers et ateliers de tannerie situés autour du Jarret et de la Blanquerie. La rue Jussieu (4e), petite traverse entre le boulevard de la Blancarde et l'avenue des Chartreux, est le témoin du passage du canal des jardiniers.
© Canal de Marseille
En deux siècles, la population marseillaise passe de 30 000 habitants en 1554, à 88 000 en 1760. Les besoins en eau ne cessent de croitre et les aqueducs et canaux du Jarret ne suffisent plus à alimenter toute la ville. L'eau vient à manquer. La ville relie alors l'aqueduc à l'Huveaunne, entre les quartiers actuels de La pomme et Saint-Marcel.
Suivent également plusieurs périodes de sécheresse, entre le XVIIe et le XXe siècle, entrainant une réduction du débit de l'Huveaunne et l'eau vient à manquer de nouveau. Le maire de l'époque, Maximin Consolat, entreprend alors la construction du Canal de Marseille, pour récupérer les eaux de la Durance.
© réserve souterraine du palais Longchamp
À la fin du XIXe siècle, malgré de nombreux efforts, la qualité de l'eau reste médiocre et la tiphoïde continue de frapper les habitants. En 1936, la population marseillaise atteint les 650 000 habitants. La construction du bassin de filtration de Sainte-Marthe en 1920 est l'un des progrès majeurs du siècle dernier à Marseille, améliorant considérablement la qualité de l'eau dans la cité.
En 1938, avec l'incendie des Nouvelles Galeries qui fît 73 victimes, la mise à niveau du réseau d'eau s'impose comme une priorité. La Sociétés des Eaux de Marseille engage alors d'importants travaux de consolidation et de sécurisation du réseau, et inaugure une nouvelle usine de filtration à Saint-Barnabé. Les cas de tiphoïde diminuent. Le destin de de la "meilleure eau de France" (titre décerné par le magazine Ça m'intéresse) est enclenché...
© Réserve d'eau du Vallon Dol
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Aujourd'hui, l'eau à Marseille c'est : - le Canal de Marseille : principale ressource en eau potable de la ville. - 3 centres de production d'eau potable fournissant 90 millions de m3/an. - des réserves en eau potables et eau brutes suffisantes pour alimenter la ville pendant plus de 10 jours. - un réseau d'eau potable de 2 200 kilomètres pour assurer les besoins d'un million de personnes. - Un centre de télégestion ultramoderne pour surveiller et contrôler toutes les installations du réseau. - une eau claire et limpide qui lui valu le titre de Meilleure eau de France selon le magazine "ca m'intéresse". - le conseil mondial de l'eau qui choisit Marselle en 1996 pour y installer son siège |
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