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Novembre 2012 >

EVA et SILVER : Marseille gagnée par le virus de la recherche

EVA et SILVER : Marseille gagnée par le virus de la recherche

Les laboratoires de recherche scientifique marseillais, particulièrement actifs dans le domaine de la lutte contre les virus sont à l’initiative de deux Consortium européens. Baptisés EVA et SILVER, ces projets favorisent la recherche et le développement de moyens nouveaux pour diagnostiquer et combattre les maladies virales.

Il n’existe à ce jour que peu de vaccins, et pas de médicaments efficaces pour soigner les patients atteints de maladies virales telles que le chikungunya ou la dengue.

Les équipes de recherche de l’AFMB (Architecture fonctionnelle des molécules biologiques) à Luminy dirigée par Yves Bourne et l'unité des virus émergents de la Timone (UVE), dirigée par Xavier de Lamballerie, se sont engagées en 2010 dans le programme SILVER (*).
Leur mission ? Identifier d’ici 2014 quelques composés chimiques antiviraux capables de bloquer la multiplication du virus dans le corps humain. Ce programme financé à hauteur de 11M€ par Bruxelles associe 23 partenaires européens ainsi que des centres de recherche en Asie. ­« Nous avons identifié des collections de composés chimiques à Shanghai, Taïpe et à Séoul. Ces laboratoires bénéficient de leurs propres programmes de financement », souligne le professeur Jean-Louis Romette, co-coordonnateur du projet SILVER aux côtés d’Ernest Gould, éminent professeur à Oxford et expert en virologie.

Le programme porte sur l’étude d’une vingtaine de virus à l’origine des infections virales les plus répandues. Dans la ligne de mire des chercheurs ? Les virus émergents à génome ARN qui sont les plus dangereux en raison de leur instabilité.
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Professeur Jean-Louis RometteAu fur et à mesure de l’avancée des travaux, les laboratoires se concentreront sur quelques virus seulement. « Nous souhaitons parvenir à élaborer  5 ou 6 antiviraux efficaces. Nous avons des molécules à fort potentiel », souligne le professeur Romette. Cette mise en commun des compétences académiques devrait permettre aux industriels de prendre rapidement le relais et de poursuivre le développement de ces molécules pour en faire des médicaments antiviraux commercialisables dans quelques années.


Le projet EVA, European Virus Archive, est une biobanque virale au service de la recherche académique et industrielle. Elle fournit des virus destinés à la recherche fondamentale mais aussi pour concevoir de nouveaux tests diagnostiques, des vaccins et des antiviraux. « Chaque laboratoire conserve ses souches virales. Nous avons développé un catalogue sur le web. Ce projet européen dont le noyau dur est composés de laboratoires européens associe également des partenaires d’Afrique du Sud, de Russie, de Turquie et de Chine. Auparavant, les échanges de virus entre laboratoires reposaient simplement sur la bonne volonté des chercheurs de collaborer entre eux », détaille Nora Ghandour, chargé des relations publiques et du développement des deux projets. Aujourd’hui, les échanges se normalisent et bénéficient d’un système de sécurisation des envois. « Depuis le début du programme en 2004 nous avons instauré des bonnes pratiques de stockage et des envois et nous essayons de développer avec des industriels des capsules à très haute résistance, identifiées par code à barres », souligne Nora Ghandour. EVA participe également aux réseaux pilotés par l'OMS afin de proposer des réponses rapides en termes d’identification et de détection de pathogène en cas d'urgence sanitaire.


­­(*) SILVER : Small molecule Inhibitor Leads Versus Emerging and neglected RNA viruses.­­